Génèse

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bouteilleaquariusCrédit Photo : Isabelle Serro

Premières rencontres à vingt miles marins des côtes libyennes.

Nous avons lancé ce processus « C’est la Goutte d’eau », en embarquant, au mois d’Août 2016, à bord de l’Aquarius, bateau de SOS Méditerranée, dédié au sauvetage des réfugiés au large de la Libye. Pendant 3 semaines, nous avons posé notre regard sur cet équipage de sauveteurs, envoyé en mer grâce à la volonté des citoyens européens de refuser l’inacceptable. Nous avons pris le temps de rencontrer chacune des personnes de l’équipage, de mener des entretiens, d’observer les gestes, de recueillir les motivations, les convictions, les rêves d’enfant… Et nous leur avons proposé de prendre une feuille de papier et d’y écrire un message à l’intention d’une personne sur l’une des rives de la Méditerranée. Sauveteurs, médecins, sage-femmes, matelots, machinistes, cuisiniers, personnels associatifs… Tous ont mis la main à la plume. Leurs messages, ont été les soigneusement roulés et placés dans des bouteilles de verre que nous avons refermées. Et à la fin du mois d’Août 2016, toutes ont été lancées au large, dans les eaux internationales entre la Sicile et la Libye.

Crédit Photo : Marco Panzetti

Nous avons commencé à écrire à partir de ces rencontres, écrire au regard de ce que nous avons vécu à bord, écrire au gré des courants et des vents et de la vague des hommes et des femmes qui cherchent refuge aux rivages de notre humanité. Ce processus d’écriture s’est peu à peu nourri de nos autres expériences à la frontière franco-italienne entre Menton et Vintimille, dans le bidonville de Calais, sur les iles grecques de Lesbos, aux Comores, en Guyane, au Soudan, en Sicile, autour de l’idée centrale de la solidarité et de ceux qui la font vivre. Nous avons posé notre regard à hauteur d’homme et cette aventure est née au mois de mars 2017, une première forme théâtrale « Eclaboussure », au Lavoir Théâtre de Menton (06). Nous continuerons à travailler sur cette forme pour l’adapter à une diffusion dans les ports qui se trouvent entre Marseille et Lesbos. Notre voilier et les pontons auxquels il sera amarré deviendront notre espace d’expression théâtrale, les voiles de notre bateau des espaces de projections vidéo et photos : la mer comme un nouvel espace public.

 

 

 

Nous avons lancé ce processus en embarquant, au mois d’Août 2016, à bord de l’Aquarius, le bateau d’SOS Méditerranée, dédié au sauvetage des réfugiés au large de la Libye.

 

Pendant 3 semaines, nous avons posé notre regard sur cet équipage de sauveteurs, envoyé en mer grâce à la capacité des citoyens européens de refuser l’inacceptable. Nous avons pris le temps de rencontrer chacune des personnes de l’équipage, de mener des entretiens, d’observer les gestes, de recueillir les motivations, les convictions, les rêves d’enfant… Et nous leur avons proposé de prendre une feuille de papier et d’y écrire un message à l’intention d’une personne sur une des rives de la Méditerranée. Sauveteurs, médecins, sages-femmes, matelots, machinistes, cuisiniers, personnels associatifs… Tous ont mis la main à la plume. Leurs messages nous les avons les soigneusement roulés et placés dans des bouteilles de verre que nous avons refermées. Et à la fin du mois d’Aout 2016, toutes ont été lancées au large, dans les eaux internationales entre la Sicile et la Libye.

Nous avons commencé à écrire à partir de ces rencontres, écrire à partir de ce que nous avons vécu à bord, écrire au gré des courants et des vents et de la vague des hommes et des femmes qui cherchent refuge aux rivages de notre humanité.

Ce processus d’écriture s’est peu à peu nourri de nos autres expériences dans le bidonville de Calais, sur les iles grecques de Lesbos, aux Comores, en Guyane, au Soudan, en Sicile, autour de l’idée centrale de la solidarité et de ceux qui la font vivre. De plus, notre engagement dérisoire mais sincère, sur notre territoire à la frontière franco-italienne entre Menton et Vintimille ou au sein du journal l’Humanité, fait le ciment de notre regard sur le monde. Un regard à hauteur d’homme. De cette aventure est née au mois de mars 2017, une première forme théâtrale « Eclaboussure », créée à l’occasion des Rencontres du réel de Lavoir Théâtre à Menton.

Néanmoins, il n’est pas question de se poser pour écrire enfin. Il n’est pas question d’abandonner la mer, notre passion commune, pour une table, un bureau ou un plateau… Pas encore. Nous souhaitons renouveler l’expérience de l’écriture partagée de messages envoyés dans des bouteilles jetées à la mer. Nous voulons rencontrer ceux qui côtoient la Mare Nostrum, ceux qui observent désarmés ou les bras ouverts le flot ininterrompu des femmes et des hommes en quête d’un refuge. Comment ces citoyens français, italiens, grecs font face à ce défi et se réapproprient, aux delà des politiques mises en œuvre, les valeurs de solidarité et de fraternité. C’est ce désir qui est au commencement de « C’est la goutte d’eau ! ». Nous voulons faire du théâtre et de l’action culturelle des outils permettant l’échange de points de vue et le partage d’expériences vécues à ce sujet.

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