Mandine Guillaume

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Mandine Guillaume

Auteur, metteur en scène, raconteuse de belles aventures, artiste de terrain, elle oriente sa démarche artistique vers les écritures du réel en interrogeant l’intime et le passage du personnel vers l’universel, à travers différents angles de vues et différents vecteurs de récits. Le collectage, l’écriture dramatique et la mise en scène s’entremêlent pour tisser des formes théâtrales qui en interrogent le fond. La création artistique sert de point d’appui, l’altérité de point commun, le témoignage de point de vue.

Du journal que l’on vend le matin d’un dimanche à l’affiche que l’on colle au mur du lendemain, son enfance est bercée par l’engagement collectif pour une justice universelle. Elle revendique, pourtant, l’engagement comme une valeur personnelle, et la responsabilité collective comme une somme de responsabilités individuelles.

Electron libre, autonome, c’est donc seule qu’elle court après l’horizon pour faire passer des frontières à des marionnettes, entre la France, la Bosnie, la Serbie, la Bulgarie, la Roumanie, L’Egypte, Israël et Palestine. Elle raconte ses voyages, seule en scène : «C’est l’histoire d’une valise» (Arnika Cie – 2006), «Lao, Carnet de voyage d’une belle échappée au Moyen Orient» (Arnika Cie – 2011), (Théâtre National de Nice (autres scènes) – Festival Villeneuve en Scène…).

En 2012 et 2017, elle travaille avec la compagnie Influenscènes sur un spectacle autour du vivre ensemble «C’est la faute à Le Corbusier» (Paris). ET « Robertino, l’apprenti de Le Corbusier ». En 2012, Elle s’occupe de l’assistanat à l’écriture «Sur le chemin d’Antigone» de l’Agence de voyages Imaginaires – Cie Philippe Car (Marseille).

En 2012, la Compagnie Bell’âame l’invite à écrire et mettre en scène «Ne pleure pas Fofana», saga personnelle et narcissique inspirée de la vie d’Amélia Fofana. Ce spectacle est l’occasion de déplacer son point de vue en quittant le récit personnel pour le récit de vie.

Elle s’investit en tant que comédienne dans le spectacle de rue «Je suis ici» d’Emilien Urbach et Emilie Pirdas et porte les témoignages de 10 ans de collectage en Palestine de la Compagnie Sîn. (festival de Ramonville, Scène Nationales d’Alès…) Cette expérience est l’occasion, d’inverser le sens du prisme à travers lequel elle travaille sur le réel. Ce n’est plus un regard unique qui contient tous les regards, mais une diversité de regards qui crée un point de vue commun.

Forte de cette expérience elle décide de questionner l’engagement collectif et la responsabilité individuelle avec Arnika Cie de 2014 à 2015 en écrivant et créant « Racine carrée de Nous » .

« C’est la goutte d’eau » est la suite logique de ces questionnements.

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Emilien Urbach

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Emilien Urbach      

       Journaliste pour le quotidien national l’Humanité, il s’est spécialisé sur les sujets liés aux migrations. Directeur artistique de la Compagnie Sîn depuis sa création en 2003, co-fondateur de la Cie Act’libre, en 1997, Auteur d’un mémoire universitaire sur « le théâtre en Palestine pendant la seconde intifada », en 2004 et d’un second sur « l’artiste dramatique en déplacement », en 2014, ses propositions artistiques prennent racine dans les problématiques sociales et politiques contemporaines.

Il a mis en scène des textes d’ auteurs tels que Brecht, Camus, Dario Fo, Cormann, Kermann, Bernhardt, Triana, Arrabal, Bond.
Il collabore régulièrement avec d’autres auteurs sur différents terrains d’investigation (la Cisjordanie de 2001 à 2011, des usines en voie de délocalisation, des quartiers populaires) d’où il tire la matière de propositions théâtrales dédiées à la scène ou à la rue. Ses mises en scènes questionnent régulièrement les rapports émetteurs-récepteurs en jouant sur l’inclusion des populations aux dispositifs scénographiques. Il est également l’auteur de plusieurs canevas dédiés au théâtre d’intervention, sortes de grandes fresques poético-politique.

Il propose également, depuis dix ans, des « rencontres-performatives » réunissant artistes, personnalités politiques, associatives ou syndicales, intellectuels et populations autours de thématiques liés à ses propositions artistiques et/ou culturelles.

Son travail questionne le lien entre création artistique et innovation sociale. C’est cette démarche qui l’implique dans des aventures collectives telles que la création du Site St Jean d’Angély (La Brèche, Les Diables bleus) à Nice, la participation au développement du projet du Pont de la Croix, en Cévennes Méridionales, la création du Chap’au théâtre « espace nomade dédié à la diffusion d’écritures contemporaines et d’idées neuves, le bonheur en étant toujours une » ou son implication au sein du réseau Autre(s)pART/Artfactories.

Bouteille #2 : Pour celle qui porte le monde

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Bouteille à la mer pour celle qui porte le monde.

33°18’02.5″N 12°23’10.5″E

Mon amour est de l’autre côté de la mer,
Notre amour est dans mon ventre gonflé
Il l’a déposé au creux de moi la dernière nuit.

Dans la matinée du Samedi 20 août 2016, 134 personnes ont été secourues par l’Aquarius, le bateau de SOS-Méditerranée et Médecin Sans Frontières. Elles venaient de parcourir plus de 20 miles marins, depuis les plages de Sabratah en Libye, à bord d’un seul bateau pneumatique où elles se trouvaient entassées. Leur embarcation a ensuite été détruite par des militaires allemands engagés dans le cadre de l’opération Triton.

Mon amour, tu es de l’autre côté de la mer,
Notre amour est dans mon ventre enroulé
Il m’accompagne à chaque pas, vers toi.

En début d’après-midi, toutes les personnes secourues ont été transférées sur un bateau de l’armée italienne. Elles ont rejoint à bord près de 500 autres exilés secourus dans la même zone, ce même jour. Elles seront débarquées sur le continent, où elles suivront le protocole d’accueil et d’identification prévu par Frontex.

Dans le sable et dans l’eau la trace de ta voix
Cette nuit sur la mer noire comme le ciel
une étoile m’a souri, je sais que tu es en vie

72 d’entre elles ont déclaré avoir débuté leur exil à partir du Nigeria, 45 du Soudan, 11 du Ghana, 3 de Gambie, 2 du Sénégal et 1 d’Erythrée. Parmi elles, on a dénombré 24 femmes, 7 mineurs non accompagnés et deux enfants de 5 et 7 ans. 3 femmes étaient enceintes, dont une de 9 mois.

Mon amour je viens de l’autre côté de la mer
Notre enfant ne naîtra pas avant que tu ne poses ta main sur mon ventre rond
C’est ma promesse et je sais que tu as fait la même à l’étoile qui t’a souri.

 

Ecriture en Chantier : Mandine Guillaume et Emilien Urbach

Crédit Photo : Mandine Guillaume

Bouteille à la mer #2

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Bouteille à la mer pour celle qui porte le monde.

33°18’02.5″N 12°23’10.5″E

Mon amour est de l’autre côté de la mer,
Notre amour est dans mon ventre gonflé
Il l’a déposé au creux de moi la dernière nuit.

Dans la matinée du Samedi 20 août 2016, 134 personnes ont été secourues par l’Aquarius, le bateau de SOS-Méditerranée et Médecin Sans Frontières. Elles venaient de parcourir plus de 20 miles marins, depuis les plage de Sabratah en Libye, à bord d’un seul bateau pneumatique où elles se trouvaient entassées. Leur embarcation a ensuite été détruite par des militaires allemands engagés dans le cadre de l’opération Triton.

Mon amour, tu es de l’autre côté de la mer,
Notre amour est dans mon ventre enroulé
Il m’accompagne à chaque pas, vers toi.

En début d’après-midi, toutes les personnes secourues ont été transférées sur un bateau de l’armée italienne. Elles ont rejoint à bord près de 500 autres exilés secourus dans la même zone, ce même jour. Elles seront débarquées sur le continent, où elles suivront le protocole d’accueil et d’identification prévu par Frontex.

Dans le sable et dans l’eau la trace de ta voix
Cette nuit sur la mer noire comme le ciel
une étoile m’a souri, je sais que tu es en vie

72 d’entre elles ont déclaré avoir débuté leur exil à partir du Nigeria, 45 du Soudan, 11 du Ghana, 3 de Gambie, 2 du Sénégal et 1 d’Erythrée. Parmi elles, on a dénombré 24 femmes, 7 mineurs non accompagnés et deux enfants de 5 et 7 ans. 3 femmes étaient enceintes, dont une de 9 mois.

Mon amour je viens de l’autre côté de la mer
Notre enfant ne naîtra pas avant que tu ne poses ta main sur mon ventre rond
C’est ma promesse et je sais que tu as fait la même à l’étoile qui t’a souri.

 

Crédit Photo : Mandine GUILLAUME

Les Auteurs embarqués

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Les Auteurs Embarqués : Mandine GUILLAUME et Emilien Urbach


Émilien Urbach : Auteur de théâtre, directeur artistique de la Cie Sîn et journaliste spécialisé sur les sujets liés aux migrations pour l’Humanité.

« Enfant j’ai compris le monde en punaisant une carte postale sur le mur de ma chambre. Dessus, il était écrit : « Surtout, soyez toujours capables de ressentir au plus profond de votre cœur n’importe quelle injustice commise contre n’importe qui, où que ce soit dans le monde. » Plus grand, j’ai choisi d’arpenter le monde. De faire de ce qui est loin, ma proximité. De ce qui m’est étranger, mon habitude. De l’altérité, mon intimité. Du réel, ma théâtralité. De toute relation, le tremblement d’où naît une mondialité toujours renouvelée.

Le théâtre m’a offert de pouvoir vivre comme le mur de ma chambre d’enfant me sommait d’exister. »

Emilien Urbach

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Mandine Guillaume : Auteur de théâtre, directrice artistique d’Arnika Cie et du Lavoir théâtre.

« Je suis née sur une frontière avec la mer pour horizon. Un bel endroit pour grandir et rêver les ailleurs et leurs limites. Je voulais aller … jusqu’à l’horizon. Pas derrière, pas plus loin, Non, juste sur l’horizon. C’est mon père qui me l’a montré le premier. Il l’a dessiné de son doigt pointé dans l’air en suivant le tracé de la mer. Ca m’énervait cette histoire de ligne qui recule quand on essaie d’avancer. Et je me disais que le seul moyen d’être sur l’horizon, c’était que mon père reste là, à le regarder pour l’empêcher de reculer…et que j’aille, moi, voguer sur cette ligne, là bas.

Il faut être au moins deux pour être sur l’horizon : celui qui y est et celui qui le regarde. C’est pour être tour à tour l’un et l’autre que j’ai choisi de poser un regard d’artiste sur le monde. »          

Mandine Guillaume

De l’Horizon à la Bouteille #1

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14059952_10154530967836015_760197096_oRéponse 1 :

A toi qui me cherches au loin.

Demain tu te rapproches, dis-tu ? Nous n’en serons pas plus proches.

Je ne regarde pas l’horizon. Je courbe l’échine. Je vois le sable sous mes pieds, sous mes fesses. Il est chaud encore à cette heure.

Ils disent : « Tu es de la nourriture pour les poissons ! ». Oui. D’accord. Je ne rechigne pas, je ne tremble pas. Mes orteils jouent avec le sable. Pourvu que ça arrive vite. Pourvu que tu sois loin. J’ai assez subi d’humiliations. Je n’ai pas besoin de prendre la main que tu me tends. Je n’ai pas la force de rêver à des audelà qui me sont interdits. C’est le trop plein qui fait déborder les vases, pas la goutte d’eau.

Ça me va comme ça. Monter dans le canot et attendre la dernière vague.

Ça me va comme ça. Tomber et me sentir descendre doucement, sans agitation. Juste sombrer.

Ça me va. Vraiment.

Désolé pour ta bonne conscience. Elle n’a rien empêché. Ni la vague qui pliera le bateau en deux. Ni les blessures à mes pieds déchirés par les pierres brûlantes du désert. Ni les coups. Ni les promesses trahies. Ni le viol de mes sœurs. Ni les nuits de cachot à respirer la pisse et la putréfaction. Je ne t’en veux pas. Savais-tu seulement que j’existais, ici, sur un des rivages de la Méditerranée ?

Je courbe l’échine. Je rentre à l’intérieur de moi. Je me dis adieu.

Ça y est ! ils disent « lève-toi ». Tu vois ? Tu ne seras pas là…


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Réponse n° 2 :

On joue ? Je dis : « Vas-y plonge. Je coule. » Et toi : « Vas-y coule. Je plonge. » C’est bien ça ? … Trop tard !


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Réponse n°3 :

A toi là-bas si loin.

Ta bouteille est arrivée là-bas, mais je n’y suis pas. Je n’ai pas réussi. Il m’a laissée là dans les pierres et le sable brûlant du désert. Mes habits, retroussés au-dessus du nombril, affichent mon ventre rond au soleil. Ma main le caresse. Ma promesse ! « Tu naîtras après l’horizon » lui avais-je dis. Mais l’autre a voulu faire ça ici. Il m’a prise ici. Et je crois que je l’ai mordu. J’ai le goût du sang dans la bouche. Je n’ai pas senti quand il m’a frappée. Après il a continué, puis il est parti. Moi je suis restée. Pas la moindre goutte d’eau. Dans la bouche son sang ou le mien. Sur mes cuisses, le soleil brûlant. Mon sexe aussi est brûlant. Et sous la paume de ma main, ma promesse. Je n’ai pas réussi. Il avait dit pourtant que si j’acceptais il me conduirait jusqu’au rivage de la Méditerranée. Là où ta bouteille s’est échouée. Mais je crois bien que je l’ai mordu. Je n’ai pas tenu ma promesse. Je suis vraiment désolée. Nous aurions pu nous rencontrer sur l’horizon. Tu m’aurais fait monter sur ton bateau de fer. Et ma promesse nous l’aurions partagée. Désolée. Je n’ai pas réussi à me relever.


Réponse n°4 :

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toi, qui me cherches derrière l’horizon, qui me cherche à perte de vue. Je suis de l’autre côté. J’attends, assis dans le sable avec des dizaines d’autres, que l’heure vienne. Ici, la mer est noire et or. C’est la nuit et quelques réverbères mal allumés se reflètent dans l’eau. Tout est calme et je rêve à l’horizon d’où tu pars demain. L’horizon d’une vie à recommencer au milieu de buildings blancs et de jardins à l’anglaise.

Il est deux heures, les hommes en armes qui nous surveillent sur la plage de Sabratah nous ordonnent de nous lever. Nous monterons bientôt dans un canot. C’est très simple. Tout droit vers le nord, en face de la plage, à 40 miles marins, il y a une plateforme pétrolière. J’y serai vers six heures, peut-être sept. Je serai la goutte d’eau tombée du verre et qui ne sera pas bue. Sauvée. J’ai hâte de te rencontrer, hâte que tu me sauves, que tu me voies, que tu m’entendes. Hâte d’exister à nouveau, tout recommencer. Avec toi. Sur d’autres rivages de la Méditerranée.

Images : L’Horizon de l’Aquarius, quelque part entre Tripoli et Misrata.

De la difficulté d’envoyer une bouteille à la mer de la plage par vent Sud Sud Est…

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J’aurais préféré la jeter du large ou d’une crique déserte ma bouteille à la mer d’avant le départ…
Ça aurait été plus romanesco-poétique comme geste…
mais je ne visais pas ça… cette première bouteille lancée d’ici et pas de là bas, je voulais qu’elle raconte ici ce qui coule là bas… je voulais parler avec les gens qui barbotent en Méditerranée entre les bouées des 300 mètres et les plages de galets… je voulais savoir si ils savaient qu’ils se baignaient bien dans la même mer que celle où se sont noyées sans bruit 10 000 Personnes depuis 2014. Oui Personnes, j’ai bien dit Personnes et c’est ce terme au lieu de celui de « Migrant » qui choque quelques-uns de mes interlocuteurs en maillot de bain, pas le chiffre, le terme : « Ah oui, vous voulez dire des mi
grants ?» Non non je veux dire des personnes, des gens, comme vous et moi, comme vous mais euh… sans bouée, sans flotteurs, sans crocodile gonflable… enfin des humains quoi !
Vous croyez que c’est la même mer celle d’ici et de là-bas ?
– Mais non, n’exagérons rien !
Ah ouf j’ai dit ! (Oui, parce que les gens aussi sûrs d’eux, ça me rassure instantanément)
Ah ouf j’ai dit, parce que, si ce serait la même mer, ce serait un peu… euh… (oui, des fois, je me cache derrière une conjugaison approximative pour affirmer la bonne foi de ma naïveté)… un peu … enfin, ce serait pas trop bien, hein, si c’était la même ?
– Mais non, c’est pas la même mer, c’est … c’est en face, là bas, là de l’autre côté.
C’est rassurant le flou artistique de cet au
tre côté lointain… ça a aussi dilué les images qui venaient troubler mon eau de baignade cet été, les jours où j’avais juste envie de voir sauter et s’éclabousser les enfants en maillot de bain…
J’ai dit que j’allais y aller, là-bas, mais qu’avant je voulais envoyer un message à quelqu’un qui était de l’autre côté justement, qui allait partir cette nuit sûrement.
J’ai demandé à des gens de m’aider pour amener ma bouteille un peu loin, parce que j’avais pas de maillot de bain et que là avec les vagues, si je la lançais, ça n’allait pas marcher…
On m’a dit qu’il fallait pas faire ça, que ça polluait.
C’est le plastique qui pollue, pas le verre, elle est en verre ma bouteille…
– Peu importe même si ça pollue pas, ça fait sale quand ça vient s’échouer sur la plage.
C’est vrai que ça fait dégueu… mais moi quand
je pense qu’il a des gens au fond de l’eau je trouve ça un peu… aussi… pas dégueu mais comment dire… enfin… j’aimerais mieux me dire qu’il a que des poissons au fond de l’eau, pas des chaussures d’enfants… ça les chaussures d’enfants, quand c’est en plastique en plus, ça doit être beaucoup plus polluant qu’une bouteille en verre avec un message dedans.
– Ce que vous risquez, madame c’est que le bateau poubelle la ramasse dans son filet, parce qu’il passe souvent pour nettoyer.
Une vague en colère a roulé plus loin que les autres, a rejeté deux baigneurs sur la plage et englouti une paire de tongs jaunes en plastique.
-Moi, si je devais envoyer un message à quelqu’un en face j’écrirais : « Bon courage » a dit la dame aux cheveux gris avec un sourire très doux…
Mais sur la plage perso
nne n’a bien voulu nager avec ma bouteille pour la jeter loin des vagues.
Le parachutiste ascensionnel, il n’a pas voulu non plus, parce qu’on n’a pas le droit de lancer des choses du ciel, parce que vous imaginez… quand même… c’est une bouteille en verre, si ça tombe sur la tête de quelqu’un c’est pas comme une bouteille en plastique… bîn non bien sur, mais le plastique… ça pollue.
Alors j’ai fait le tour de Ruba Capéu en regardant la mer en bas avec ma bouteille à la main… je commençais vraiment à désespérer avec tous ces rochers en bas… à me dire que les sms c’était une sacrée invention quand même… ça devait se voir que je désespérais parce qu’une dame a cru que je pensais sauter et laisser mes dernières volontés dans la bouteille… et y’a une petite fille rousse en robe rouge qui me regardait chercher un endroit, qui a dit à ses parents « elle va lancer une bouteille à la mer t’as vu ! »… et quand je l’ai lancée sous ses yeux émerveillés … la première vague l’a rabattue sur les rochers et malgré son filet de protection, elle a explosé ma bouteille… et les papiers blancs et l’écriture rouge, les mots et les lettres sont restés sur place à danser dans les vagues … et la petit fille à dit : « Bin c’est normal, une bouteille à la mer, il faut la lancer de la mer ».